Arrêtez de décoder
Le décodage est à la mode. Avancée indéniable, elle offre des clefs pour comprendre pourquoi « la maladie » vient perturber le cours normal de l’existence. L’explication est intéressante, rassurante, mais à la réflexion pour qui, pour le patient ou pour le thérapeute ? En toutes situations, il existe de multiples facettes, de multiples niveaux de conscience, des jardins secrets, des langages symboliques, « une langue des oiseaux », des langues de bois. Codifier, décodifier, décortiquer, analyser est souvent réducteur. L’explication n’est pas la solution.  Voilà pourquoi vous avez mal ! Et après ?
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Q : Les médecines douces et alternatives, mettant en jeu la relation étroite entre la psyché et le corporel, ouvrent de nouveaux champs de compréhension et de mieux-être pour les personnes en souffrance. Pourtant vous émettez de sérieuses réserves sur le processus à l’oeuvre et les résultats. Pourquoi ?

Serge Fitz : Côté malade l’explication fige insidieusement la situation. Elle crée un alibi. Je suis malade parce que… Côté thérapeute, le désir de guérir l’autre procède « du vouloir bien faire ». Mais le malaise et les maladies sont avant tout des modes d’expression d’un état intérieur, des manières d’être ou de se comporter face aux autres. Aussi on peut se poser la question à savoir si la guérison est réellement souhaitée par le malade ? L’expérience montre que la réponse n’est jamais très nette !

Q : Pourtant guérir est un bien plutôt appréciable pour celui qui souffre...

S.F : Il y a au fond de chaque individu un petit ou parfois un grand saboteur, qui exploite les avantages secondaires de la situation et freine les tentatives de guérison. Toute la dramaturgie de l’âme en souffrance et du corps tourmenté se situe dans cette zone d’ambiguïté : « être ou ne pas être guéri ? ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, le désir de vouloir guérir peut s’avérer par la suite lourd de conséquences. En effet, si la guérison est l’indéniable succès du soignant, elle peut s’avérer être l’échec cuisant du soigné (nier le soi). Privé de son moyen d’expression, le malade va en quelque sorte se trouver bâillonné. Il ne faut pas oublier que la maladie est une auto-défense tant biologique que psychologique. Voilà pourquoi une guérison trop rapide peut désarmer l’individu et lui faire perdre pied.

La guérison n’est pas obligatoirement l’anti-dote de la maladie car les épreuves de la souffrance sont les marches d’un escalier choisies par l’âme pour avancer dans sa progression. Je crois qu’on oublie systématiquement que le bien être et la santé ne peuvent constituer un but en soi.

Q : Vive la maladie alors, "soyons tous malades" serait votre crédo, non ?

S.F : L’Homme n’est pas une machine qu’il convient de réparer à tout prix. C’est un individu en évolution. Son destin est de grandir sur le terrain des contradictions entre les aspirations de l’âme et les désirs de la personnalité. L’âme et la personnalité sont régies par des énergies spécifiques qu’Alice Bailey  appela « rayons ». Ils se divisent en deux polarités : volonté / amour. Ces énergies orientent les individus dans le choix de leur profession ou de leurs penchants. Comme en toute manifestation, chaque énergie possède des aspects positifs et négatifs. Il est donc possible d’en être bénéficiaire ou  victime. Lorsque la personnalité et l’âme se trouvent gouvernées par des énergies de polarités opposées, des conflits intérieurs importants surgissent. Aussi, le rôle de l’écoutant est de déterminer dans quel jeu énergétique se trouve le malade et surtout à quel jeu il se livre pour exister dans son contexte de vie tant familial que social. Le thérapeute est l’éclairagiste de la scène de théâtre qui se déroule sous ses yeux. Il n’en est pas le scénariste ! Son rôle est d’aider à la conscientisation de ce qui se passe dans le respect du scénario.

Q : Vous prenez plutôt à rebrousse-poil les praticiens thérapeutes alternatifs, non ?

S.F : Cette attitude de complet lâcher-prise peut amener le malade aux commandes de sa vie. Pour le thérapeute, le dépassement de ses propres peurs, celle de l’insuccès de ses capacités de guérison est un facteur indispensable pour gérer la situation. En fait, il ne peut y avoir ni succès, ni insuccès, ni pouvoir. Il s’agit de comprendre, d’écouter, et non de résoudre à la place de l’autre. Le « bien » n’a jamais été la solution du « mal » ! La guérison n’est pas l’antidote de la maladie. Combien de guérisons résultent d’un véritable viol médical ou thérapeutique ! Combien de ces prétendues réussites donnent par la suite des complications ou ce que l’on appelle pudiquement des rechutes.

La guérison s’accompagne d’une ouverture à la transformation. Si la personne n’est pas encore prête, la continuation du mal être doit pouvoir s’envisager sans crispations. Les tourments de l’âme sont l’apanage des grands poètes et des artistes maudits (maux dits par ceux qui ont réussi à exprimer leurs maux de manière artistique). Ces luttes intérieures font grandir. On peut même dire qu’elles en sont la nourriture.

Le thérapeute est un point de repère. Son attitude est déterminante. S’il se centre dans le non-désir, le non-faire, le non-lutter, il permet de situer… S’il se cantonne dans une attitude volontariste, la guérison peut provoquer des catastrophes et même conduire à la mort (œdèmes du cerveau). Dans ce genre de situation, les adeptes de l’humour chirurgical pourraient dire oui, c’est entendu, le malade est mort, mais…. l’opération a réussi… !    On assiste de nos jours à un véritable terrorisme de la guérison : vite, vite la santé ! Le désir de soigner sans comprendre peut être lourd de conséquences pour le malade, ceci quelles que soient les méthodes employées.

Q : Pourtant regarder, analyser, comprendre son histoire et son passé permet d’éclairer son présent…

S.F : Tout être possède une histoire de vie et il peut être tentant de s’y pencher. Toutefois, ce retour en arrière présente quelque chose de troublant. Généralement, la rétrospective d’une existence se fait au décès d’une personne. Se retourner sur le passé est nécrosant et, pour faire allusion aux textes bibliques, pétrifiant. La vie se décline au présent. Résoudre les problèmes uniquement par le décryptage des causes relève d’une démarche qui fait avancer à reculons !  Si problème il y a, il vient du passé ! Alors pourquoi y revenir avec cette délectation, j’allais dire, presque maladive ! Coluche aurait probablement clamé avec sa verve particulière « arrêtez de décoder les mecs ». La solution n’est pas au niveau du retour dans les méandres des « constellations familiales »  mais dans l’avenir, les projets, les changements possibles ! De tels objectifs redonnent des forces. Ils font marcher droit devant soi. La guérison relève du saut quantique, du déclic, de la révélation. Tous les décodages et explications entravent l’entrée dans cette dimension du spontané. La réduction à la seule recherche des causes s’avère souvent créatrice d’alibis (plus ou moins conscients) pour le non-changement. Ils piègent l’individu alors qu’en apparence tout est fait pour l’en sortir ! On est dans le paradoxe.

Q : Mais ne croyez-vous pas que le paradoxe peut aussi donner des résultats intéressants ?

S.F : Oui, certainement, mais pas dans le sens ou on l’entend habituellement. Par exemple contre toute logique, ne pas chercher à guérir peut infiniment plus pousser l’individu vers l’auto-guérison que des thérapeutiques acharnées ou des psychanalyses sur des années (si elles durent si longtemps, on peut se demander si elles apportent une solution ou bien si elles entretiennent sa non résolution). L’école de Palo Alto cite cette recommandation faite à un insomniaque de rester éveiller jusqu’à deux heures du matin. L’endormissement relevant d’un automatisme, le problème de l’insomniaque venait du fait qu’il voulait s’endormir rapidement, volonté qui créait un stress et empêchait le processus naturel de se mettre en place. On peut dire que, dans certains cas, la recherche de solutions est le problème à guérir !  Résoudre une maladie en lui tournant le dos peut constituer une démarche efficace par la rapidité des résultats. Plus on se focalise sur une question et plus elle grossit ; à l’inverse plus on l’ignore et plus elle s’estompe.

Cette question au malade: qu’est ce qui fait que vous ne voulez pas guérir ?, le surprend dans sa résistance larvée à la guérison. En se sortant de l’opposition habituelle maladie-guérison, maladie-médicaments, il devient possible de dialoguer sur le registre de la complicité.

Le thérapeute pénètre dans le secret du malade. Il se met à parler « le langage » de la maladie. Voilà ce que vous étiez en train de me dire. J’ai compris ! Maintenant nous parlons la même langue et si nous parlons la même langue, nous allons pouvoir nous entendre. La situation se renverse entièrement. Nous ne deviserons plus, ni de la tante Noémie, ni de vos symptômes, ni des analyses médicales, nous parlerons de vous, « d’être à être », d’âme à âme. Ce discours sera nouveau, improvisé, frais, vrai, éventuellement drôle.

Q : Alors comment articuler passé, présent, devenir ? Comment perdre pour gagner ?

S.F : Une guérison ne peut se produire que dans une perspective d’avenir et non par un retour en arrière. Au fond de lui-même, aucun malade ne souhaite au fond de lui le retour au comme avant. Lorsque ce retour se produit, l’expérience montre que la rechute est assurée dans les années ou même les mois qui suivent. De tels cas se produisent lorsque la famille du malade ou son milieu professionnel sont pathogènes (étouffement, mésentente conjugale, harcèlements…) La guérison est un acte orienté vers l’avenir, un pas en avant, une transformation dans le « ici et maintenant ». On confond systématiquement guérison et rémission. Le processus de guérison est indissociable d’une transformation intérieure et d’une modification du contexte de vie. Tourné vers l’avenir, le processus offre l’occasion de réaliser des projets de vies, d’opérer des reconversions, d’effectuer des changements dans l’agencement de son lieu de vie.. Toute guérison véritable (et donc durable) implique un nouveau projet de vie ! Sur le plan énergétique, l’être se restructure. Il s’agit toujours de mourir au passé et d’abandonner une partie du fardeau. D’après Etienne Guillé, tout être en transformation perd des composantes énergétiques mais gagne en fréquence vibratoire.

Q : Il n’y aurait donc rien à faire si ce n’est qu’attendre que la crise atteigne son apogée pour être libéré ?

S.F : Pour mettre en marche la procédure de transformation-guérison il est nécessaire de disposer  de forces nouvelles. Pour cela point faut d’énergies extérieures. Il est infiniment plus judicieux de libérer les énergies existantes. Ainsi en réharmonisant l’habitat, on supprime les freins à la libre circulation des  forces cosmo-telluriques ce qui permet au malade de remonter son niveau vibratoire. D’autre part, on peut se pencher sur les phénomènes de possessions. Les malades sont généralement « squattés » par une ou plusieurs entités qui pompent leurs énergies dans des proportions souvent impressionnantes. Lorsque l’on procède à un dégagement, on gagne de la sorte de 50 000 à 200 000 A° sur l’échelle des énergies en unités Bovis ! Le passage à une nourriture naturelle et la suppression des aliments cadavériques fait également remonter les niveaux biotiques et diminuer le stress, cet autre frein à la circulation des énergies*. Enfin la suppression de l’écoute journalière de la télévision libère l’esprit d’informations inutiles d’où un regain appréciable d’énergie. Cet ensemble de mesures fournit des énergies-starters pouvant servir au lancement des projets d’avenir. Ces nouvelles forces améliorent non seulement la santé du corps, mais augmentent le niveau de conscience, ce qui est essentiel en matière de changement-transformation. En tournant définitivement le dos au passé, elles permettent à l’individu de voir loin….devant soi.

Merci Serge Fitz.

* à lire aux éditions Lanore : « l’Energétique alimentaire ».

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