| Histoires de vie Mais
il y a dans la pathologie une autre composante
importante : celle de la poussée de
lêtre. En effet, le but de
lexistence nest pas tant de rester en
bonne santé, que dévoluer. Chaque être
sincarne afin de suivre un chemin
dévolution et de progression. Lorsque
lon regarde avec attention les histoires de
vie, on saperçoit quelles foisonnent
en épreuves, drames, complications, hasards
saisissants. Leurs conséquences dépendent de la
manière dont elles sont vécues. Lépreuve
peut détruire comme elle peut régénérer.
Boris Cyrulnik lexplique fort bien.
Son concept de résilience démontre
quun même événement peut donner des
résultats inverses suivant la manière
dont un individu le vit. Ainsi ces jumeaux nés
dun père alcoolique, arrivés à
lage adulte disent lun :
« je suis devenu alcoolique à cause de mon
père » et lautre « je suis
devenu médecin grâce à mon père ».
La résistance
à la guérison médicale
Tout cela pour dire que le regard est
essentiel. Or quest ce le regard sinon le
reflet de lâme. Cest elle qui
détermine le sens de nos réactions :
celles de la chute lorsque le regard
sobscurcit , celles de la rédemption
lorsque le regard séclaire et
sillumine. La maladie est par conséquent
la traduction physique de lécart creusé
entre le but inconscient poursuivi par
lâme et le résultat conscient de la
volonté dominatrice et réductrice de
lego.
Elle est lexpression de léchec
et en même temps lindication de la
distance qui reste à parcourir pour atteindre la
lumière. En cela elle est initiatrice.
Cest probablement la raison pour laquelle
la plupart des gens aiment tant parler de leur
maladie. Elle apparaît comme lexpression
dune blessure intérieure traduisant
lincapacité dêtre. Paradoxalement
cette blessure inquiète et réconforte à la
fois. Elle inquiète par la souffrance
quelle provoque et elle rassure par la
capacité quelle offre dexprimer le
mal être spirituel. Une blessure qui saigne est
une blessure qui se vide de son contenu.
La maladie est un exutoire. Aussi, la
guérison médicale nest pas pleinement
lobjectif du malade. Son espoir caché est
la guérison spirituelle. Cest pour cela
que les malades résistent généralement tant à
la guérison médicale. Bien entendu cette
résistance est aussi inconsciente que les lapsus
et les gestes manqués. Le malade joue la carte
de la pathologie pour se libérer dun poids
quil « sait » autre que
physique. En cela le domaine de la maladie est
complexe et sa réduction au tout biologique
empêche de la comprendre et donc de la traiter
convenablement.
La thérapie
« Le chaînon manquant » peut
largement être constitué par la
psychothérapie. Cest un merveilleux outil
de soulagement des tourments de lâme, un
chemin privilégié vers lauto guérison.
Il sagit de déceler la nature de
linsatisfaction, de laisser sexprimer
les aspirations profondes. « Si je
pouvais
. ». Combien de fois cette
phrase dans la bouche des patients exprime des
regrets et lincapacité dêtre.
« Mais vous pouvez
! ».
En thérapie de groupe de
personnes en recherche demploi,
javais proposé cet exercice dune
journée qui consistait dabord à se
trouver un nom par anagramme et de
lassocier à un métier rêvé. Partant de
là, je proposais à chacun de réaliser
laffiche de ce métier idéal.
Lexercice final consistait en une
interview fictive de chacun (filmée en vidéo).
Les résultats étaient étonnants par la valeur
insoupçonnée des talents cachés, des idées
novatrices.
Ce sont toutes ces richesses qui frappent à
la porte lorsque la sonnette dalarme de la
maladie retentit. Contribuer à la guérison,
cest faire redécouvrir au malade ce
pourquoi il sest un incarné et surtout ce
dont il se coupe au nom souvent de principes et
de culpabilités. Lorsque les personnes en
souffrance entendent : vous avez droit
au bonheur, arrêtez de vous sacrifier,
vivez ! elles découvrent une porte,
un possible, une nouvelle façon dêtre.
Expressions
artistiques curatives
Lart thérapie ou la danse thérapie
sont dexcellents exemples du contournement
physique de la maladie. Dans les deux cas
soffrent à lindividu une
possibilité de sublimation. Tout artiste est de
ce point de vue un malade qui se soigne. Le
symptôme se transmute alors en autre chose qui
prend naissance de manière extérieure au corps
souffrant : cest luvre
dart, cest la gestuelle libératrice
par les mouvement insufflés dans une situation
figée.
En radiesthésie, il est du reste possible de
lire le niveau vibratoire dune uvre
dart. Certaines vibrent à des niveaux
élevés, dautres à des niveaux faibles,
voire même négatifs. Dans les lieux de vie, de
telles peintures ne sont pas bénéfiques car
elles abaissent le niveau biotique.
La maladie est
une expression de lâme
Lessentiel est de comprendre que la
maladie nest pas extérieure à
lhomme. Elle ne sattrape pas !..
Bien au contraire cest une création
(inconsciente) de lindividu lui même.
Suivant lexpression populaire, lhomme
en difficulté se fait du mauvais sang
..se
fabrique un cancer
se rend
malade
.La maladie est lexpression
dun conflit entre la volonté qui
agit en fonction des intérêts de lego, et
les aspirations de lâme qui cherche à
réaliser son objectif dincarnation.
La maladie est donc un appel à grandir et non
simplement à guérir. Sortir de la maladie,
cest essayer de comprendre ce que
lâme cherche à signifier. Cest
découvrir le changement quelle espère.
Par la brèche, quelle ouvre dans la
routine et les habitudes, elle offre un temps de
réflexion et dinterrogation
particulièrement précieux sur le sens de la
vie. Si la guérison est comprise comme un retour
à la normale, cest à dire à la situation
davant la maladie, les chances de succès
sont quasi nulles.
La rechute ne manquera pas de venir rappeler
que lâme na pas été entendue et
amènera lindividu à sinstaller dans
ce qui est pudiquement appelé une longue et
douloureuse maladie
La nécessité
psychobiologique de seveiller
Si on intègre le fait que lunivers tout
entier se trouve dans une dynamique évolutive et
créatrice, il devient facile de comprendre que
lhomme est « condamné » à se
transformer en abandonnant une partie de ses
certitudes. Il na pas dautre choix.
Plus son immobilisme sera grand et plus la
maladie ou lépreuve (auto)infligée sera
forte. Une personne me racontait quun jour,
au cours dun accident de voiture, elle vit,
comme dans un mirage, arriver au milieu de la
tôle froissée, un homme en blanc, lui
disant : « il faut vous réveiller ma
brave dame ».
Dans chacune de nos vies, il y a un
« homme en blanc » qui vient nous
secouer au moment où nous nous installons dans
le quotidien. Cet endormissement intérieur vient
du fait que nous vivons souvent à
lextérieur de nous mêmes. Nous percevons
le monde sans entrer dans lessence des
réalités, y compris celle de la
merveilleuse mécanique de notre corps.
Dans les thérapies corporelles, la
découverte du corps constitue une étape
importante dans la reprise de possession de soi
même. Il marrive souvent de proposer cet
exercice à faire debout qui consiste à se
déchausser et à faire rouler sous le pied une
petite bille en bois (style cochonnet ) puis de
ressentir la différence entre les deux pieds.
Tous les patients témoignent avoir
limpression de découvrir subitement leur
pied. Dune manière plus générale,
beaucoup de personnes se cantonnent dans
des automatismes de paroles et de perceptions.
Que de repas ainsi avalés tout en parlant
dautres choses, que de discussions
sans ressentir lautre, que de bavardages
sans lécoute de soi, que de ballades dans
la nature sans entrer dans ses secrets. Or,
cest à ce niveau que se situent toutes les
sources énergétiques de lêtre. Le
contact avec la nature et plus spécifiquement la
forêt fournissent à lhomme cet indicible
enseignement et cette merveilleuse sagesse qui
lenrichissent intérieurement.
Si tant de saints hommes (Saint François
dAssise, Saint Serge de Radonège, Saint
Séraphin de Sarov
), vécurent en ermite
dans la forêt, cest quelle apporte
des réponses aux interrogations de lâme
et délivre les secrets de lharmonie
avec lunivers dans labandon de
la peur et des peurs. On se souvient que des
enfants abandonnés dans la forêt ont été
élevés par des animaux. Or, quel est le rapport
actuel de la société avec le monde
animal ?
Cest lhorreur concentrationnaire
des élevages intensifs, celui du transport des
animaux et de leur abattage. De quel droit
lhomme peut il faire cela ? Croit il
que la souffrance ainsi infligée puisse
instaurer sur la planète Terre des conditions
propices à sa propre existence ? Nous
sommes tous interdépendants et ce que lon
inflige à lautre, on linflige à soi
même
.
La souffrance
est un mensonge à soi meme
En russe,
« maladie » prend sa racine dans le
mot douleur (bol). Pour désigner un hôpital, on
utilise également la même racine (bolnitsa). La
maladie est donc lexpression dune
souffrance. Lun des synonymes pour
désigner lhôpital est lazaret :
lendroit où les « lazares »
ressuscitent ! Est donc associé à la
maladie une notion de mort et de renaissance.
Toujours en russe, le mot infirmière se
dit sur de miséricorde
.
Tout ceci pour
indiquer que cest dune compassion
dont le malade a besoin pour guérir. Plus le
médecin est en mesure doffrir cette
écoute miséricordieuse et plus les chances du
malade de guérir sont grandes. Mais si le
soignant se réfugie derrière des mots savants
et des diagnostics à lemporte pièce, le
malade ne peut que sisoler dans ses
conflits. Toute souffrance est un mensonge à soi
même, le résultat dun heurt avec la
réalité et sa mouvance.
Cest vers
celle-ci que le thérapeute pourra accompagner le
patient en laidant à
« mourir » à ses immobilismes, à
abandonner ses places fortes et à renaître à
une nouvelle vie basée sur lharmonie et le
respect de lautre, quil soit homme,
animal, plante ou minéral.
Les corps subtils et
leurs energies
Toute maladie prend
naissance dans les corps subtils. Leurs
pollutions (entités, pensées nocives,
nourritures maléfiques de lesprit..) et
les conflits énergétiques à lorigine des
tourments de lâme en sont les causes
principales. Alice Bellay la fort bien mis
en lumière à laide de sa découverte des
« rayons ». Comprendre les rayons ,
cest assimiler que nous sommes doubles.
Tout se passe comme si nous étions dans une
calèche tirée par des chevaux aux
caractères très différents. Le premier
symboliserait notre âme, le second notre
personnalité.
Le premier
traduirait nos aspirations les plus profondes et
le second la manière dont nous conduisons,
affrontons les obstacles et prenons des
directions pas toujours en accord avec nos
aspirations essentielles. Cest ce dilemme,
parfois fort douloureux, que la connaissance de
la nature des rayons qui gouvernent notre âme et
notre personnalité permet dappréhender.
La Bhagavad-Gita fait le récit de cet
affrontement fratricide dans lequel Arjuna,
symbole du Soi affronte les rayons de la
personnalité sur le champ de bataille de
Kurukesetra.
Par cette prise de
conscience, il devient plus facile de résoudre
nos difficultés et de nous ouvrir à la
globalité de nos possibles. Lunité
retrouvée devient source dépanouissement
et de joie. A chaque incarnation, les
« rayons » de notre personnalité
changent, afin de nous permettre
dexpérimenter les possibilités (mais
aussi les limitations) des diverses énergies. Il
nous appartient donc de discerner nos
différentes facettes et de nous sortir de nos
combats en faisant prévaloir la droiture et
léquilibre.
Sur le plan de la
thérapie, il est donc intéressant de
déterminer à travers quels corps subtils
travaillent les rayons de lâme et de la
personnalité. Lorsque par exemple,
lénergie de la personnalité est animée
par un rayon de pouvoir exprimant force et
volonté alors que lâme est animée
par une énergie damour sexprimant
dans la recherche de lharmonie à travers
le conflit, le sujet est obligatoirement soumis
à de fortes tensions.
Lexplication
de cette situation énergétique apporte
généralement une pacification génératrice de
paix et de santé. Mais avant cela, il importait
de comprendre la nature de la bataille que se
livrent les forces contraires.
Conclusion
La lumière naît
dans les ténèbres. En sy aventurant, il
devient possible daller « terrasser
les dragons ». Cest la descente aux
enfers, luvre au noir des
alchimistes, la psychothérapie Junguiènne,
louverture au point zéro. Cest le
chemin où se résolvent les contraires où
commence le vide, celui du lâcher prise (tant
redouté par lego) mais, qui pourtant est
source de plénitude et de paix.
Car à nen
pas douter, cest le faire et la volonté de
réussir, y compris spirituellement (en
sattachant à des gourous de pacotille) qui
sont à lorigine des déconvenues de
lâme et donc en un sens de toutes les
maladies.
Guérir
spirituellement, cest se dépouiller du
superflu, vivre de lessentiel au contact de
son propre maître intérieur. Un nom du Bouddha,
en japonais est hotoke, qui signifie :
défaire, dénouer, démêler,
débrouiller, laisser ouvert, se
mettre à nu, devenir « rien ».
Alors tout séclaire et danse la Vie.
Serge
Fitz (Lundi 11 août 2003)
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