| Quelquun
me disait sous peu : il y a mille façons de
guérir. Je lui rétorquais à son grand
étonnement que la guérison ne me paraissait pas
constituer lobjectif premier. Pourtant
guérir, apporter un soulagement, effacer les
symptômes cest bien ce que recherchent
tous les praticiens de la santé. Mais est-ce la
bonne direction ? Il faut dire que la notion
de maladie résulte dun immense malentendu.
Paraissant venir de lextérieur (on dit
« attraper une maladie ») la maladie
déresponsabilise lindividu et charge le
praticien dune mission exclusive. Le
soignant devient magicien et le médicament,
potion magique. La maladie est sacralisée et le
malade placé sur « lautel » du
sacrifice de sa liberté. La suppression des
symptômes par voie chimique, homéopathique,
magnétique ou thérapeutique apparaît comme une
forme de vol et même de viol. En effet, par la
maladie, sa maladie, lindividu exprime
quelque chose de bien particulier : son mal
être. Si ce message nest pas perçu en
tant que tel, la guérison bâillonne
lexpression du mal. Une confusion durable
sinstalle entre la
guérison-suppresion-des-symptômes et la
guérison-suppression-des-causes,
véritable guérison. De ce fait, le succès
indéniable du médecin ou du thérapeute,
devient léchec cuisant du malade.
Sa guérison devient un mirage car la cause
profonde de son mal demeure, avec en moins la
possibilité de lexprimer par les
symptômes ! Lindividu vit sous
pression. Le succès médical du moment se
transforme à court ou moyen terme en échec. Le
bâillon est arraché. La maladie revient.
Cest ce que lon appelle pudiquement
une rechute, une rechute qui vient grossir le
« dossier médical » du patient qui
attend patiemment dêtre entendu ! La
guérison nest pas lenjeu du malade
mais celui du soignant !
Il est inexact de penser que le malade
veut guérir. La maladie est ambiguë. Il y a du
mensonge en elle, des masques, des jeux de rôle,
des cris étouffés, des avantages secondaires.
Elle relève dune véritable dramaturgie
intérieure. Sur la scène de ce théâtre
particulier se joue lhistoire de vie de
lindividu. On y rencontre des
« sauveurs » et des
« saboteurs », des héros et des
traîtres, mais aussi des muets et des aveugles.
Ce sont les moments conflictuels de cette
dramaturgie qui provoquent des maux de ventre
(ulcères), les situations étouffantes qui font
tousser (bronchites), les rencontres
indésirables qui contribuent à boucher le nez
(rhumes). Si tous ces symptômes ne sont pas
perçus en tant que mots (maux), la pièce de
théâtre perd de son sens. Le malentendu
sinstalle. La « guérison » se
transforme en anesthésie psychique. Cest
à ce niveau que le rôle du thérapeute est
primordial. Cest en aidant le malade à
comprendre que le rôle quil interprète
est générateur de conflits que le soignant peut
linciter à changer de jeu !
Mais le jeu ( je ) appartient au malade. Il
importe donc de lui laisser un espace de
liberté, pour lui permettre de choisir sa voie
(voix) en homme libéré des solutions toutes
faites.
La mission du soignant est déclairer
le jeu du patient
Voilà pourquoi le thérapeute ne doit jamais
être dans une position volontariste. Il na
pas à forcer la guérison. Il est
léclairagiste de la scène de théâtre
qui se déroule devant lui. Son rôle est
daider à la mise en lumière du jeu
(conscientisation). En pointant son projecteur
tour à tour sur les différentes facettes
dun individu, le thérapeute va en
révéler les jeux et enjeux. Dans lexemple
de Madame N, il pourra mettre en
évidence les différents jeux de cette
personne. Il fera apparaître « Madame
N1 », une femme vieillissante qui se
complait dans sa maladie pour attirer
lattention de son mari ;
« Madame N2 », qui affirme vouloir en
terminer avec sa maladie et faire tout ce
quelle peut pour cela en avalant des
« tonnes » de
médicaments ; « Madame N3 »,
insatisfaite de sa vie intérieure qui cherche
dans lentretien de la souffrance une sortie
du tunnel, « Madame N4 » mère
dun fils quelle essaye de
culpabiliser par sa maladie pour linciter
à cesser de fumer des joints
En faisant
« parler » tous ces personnages,
apparaît la possibilité de découvrir ce
quest la maladie pour chacun d
eux : une arme de séduction, un mauvais passage,
une épreuve à dépasser, une forme de chantage.
Dès lors un dialogue peut sétablir entre
tous les acteurs de ce drame. La situation peut
évoluer. Alors, le « mal à dire »
(malédiction) se transforme en un « bien
dire » (bénédiction).
Si le thérapeute prend pour objectif la
guérison, il se met dans la position de celui
qui crie « silence », « stop,
on se tait ! » Il arrête la scène de
théâtre et compromet ainsi pour le malade la
possibilité de changer de jeu. Plus grave
encore, il crée des « sur conflits »
entre lui et le patient qui résiste à la
guérison par la persistance de son propre
conflit intérieur. Ces tensions, préjudiciables
non seulement pour le patient mais également
pour le soignant, risquent datteindre ce
dernier par des décharges énergétiques
déconstructives *. Le rôle du thérapeute,
on pourrait dire du « prêtre
médecin » est daccompagner le
souffrant vers sa guérison. Mais cest au
patient quelle appartient. Elle lui
appartient dautant plus que la maladie peut
constituer par moment une solution provisoire, en
attendant quune conscientisation
sopère.
Résoudre la maladie, cest aider le
malade à changer
Lorsque le moine Usui se mit à soigner à
laide des symboles découverts en
médiation, il déplora labsence de
changements profonds chez ses patients et
retourna méditer. Résoudre la maladie,
cest aider le malade à changer. La
guérison est une résultante de la
transformation intérieure. En effet, la maladie
interroge et ouvre la voie aux remises en
questions. Elle offre un temps sabbatique à
lâme. Aussi est-il essentiel de se pencher
dabord sur les raisons de son apparition et
ensuite seulement sur la manière de la traiter.
Comment peut on résoudre de façon durable et
donc sérieuse un problème de santé si on ne
sait rien de son origine ? Comment aider le
malade, si on na pas perçu la maladie sous
ses différentes éclairages ? Toute maladie est
une réponse à quelque chose : à un
contexte social, familial, écologique, subtil ou
spirituel. Un enfant « malade », un
enfant « délinquant » est une
personne qui réagit en termes
pathologiques ou attitudes comportementales à
une situation de vie qui ne lui convient pas. Il
ne sagit donc ni de soigner, ni de
guérir** à laveuglette, mais de
comprendre de quoi il en retourne.
Faire du malade le metteur en scène de sa
propre vie
Il ny a pas de modèles ou de bonnes ou
mauvaises directions. Le drame que vit le malade
peut continuer de la même manière, tout comme
il peut changer de sens. Limportant est
daider à la compréhension « de la
pièce de théâtre » qui se déroule.
Limportant est de rendre la personne en
souffrance responsable du déroulement de sa
pièce de théâtre. En laidant à
entrevoir cette possibilité, lauto
guérison est prête à entrer en scène et
dénouer par des « happy end » les
situations les plus graves.
Cest donc tout un renversement des
valeurs habituelles quil convient
dopérer en réalisant que lon
na jamais devant soi un être monolithique
mais une personne remplie de contradictions,
despoirs et de résignations.
Lapproche paradoxale du malade qui consiste
par exemple, à lui demander les avantages
quil tire de sa maladie, ouvre des
perspectives fort intéressantes. Dans la mesure
où elle cesse de faire de la guérison un
objectif principal , elle libère tout un champ
de possibilités nouvelles et découte de
la vie, tant dans ses aspects relationnels que
contextuels et environnementaux. Il y a
effectivement son cadre de vie qui entre
également en jeu : pollutions, alimentation
etc..
La radiesthésie, un prodigieux outil de
décryptage des causes contextuelles
Loutil radiesthésique offre en la
matière une aide fort précieuse tant par le
nombre de paramètres pouvant être examinés que
par la rapidité des éclaircissements obtenus.
Le prodige de la démarche vient du fait que la
palette contextuelle des abaques radiesthésiques
couvre un registre très vaste de domaines allant
du géobiologique au subtil en passant par le
psychologique, la bioélectronique et les enjeux
de vie. Le regard souvre alors à la claire
voyance de lEtre souffrant, un regard
libéré de toutes les étiquettes qui
identifient lindividu à sa maladie et
empêchent de le voir ! Il y a
derrière chaque cancer tout une histoire de vie
à découvrir, à comprendre et à respecter.
Voir en lautre son potentiel permet de
ressentir en quoi la maladie traduit à la fois
un obstacle à lépanouissement et une
ouverture à un nouveau mode vie. Le jeu et
lenjeu de la maladie conduisent à la
reconnaissance de la spécificité de
lindividu dans sa capacité de créativité
et non plus dimitation. La radiesthésie
est en mesure dévaluer les territoires
laissés en friche (que la maladie appelle
précisément à cultiver pour guérir). Elle
permet aussi de mesurer létat des corps
subtils et de déterminer lorigine de
certains blocages énergétiques.
La maladie vient au secours du malade
Comprendre la maladie en tant
quincitation au changement permet de la
percevoir de manière très différente. En fait,
dans le processus de la maladie, le corps opère
un premier changement. Il suffit au malade
den comprendre le sens pour prendre le
relais sur le plan psychologique et collaborer
avec le médecin pour accélérer sa
guérison. Par exemple, les poumons
dune personne qui vit une situation
étouffante, vont augmenter de volume afin
damener plus doxygène au sang. Sans
la perception densemble de la situation, la
lecture de la radiographie ira dans le sens de la
maladie grave, mais dans le cadre dune
vision globale, il apparaîtra clairement que les
poumons viennent au secours de lindividu en
lui amenant le surplus dair dont il a
besoin ! La solution sera bien entendu de
laisser les poumons se régénérer par une
reconstruction du terrain biologique tout en
aidant psychologiquement la personne à rendre sa
vie plus respirable. Une fois ce travail
terminé, les poumons nauront plus besoin
de venir en renfort et reprendront leur
fonctionnement habituel. Les traitements
aboutiront plus rapidement. Ce que lon
appelle la maladie est en fait une réaction
daide du corps physique à lêtre
souffrant et non le dérèglement aveugle
dun corps perdant sa santé. La situation
de départ est analogue à celle décrite par la
carte du Tarot représentant le pendu. Tout est
en plan inversé. Il suffit donc de retourner la
carte et de voir différemment. Alors, les
acteurs peuvent jeter leurs masques et se
démaquiller. Cela ne se fait pas sans remous,
mais la vie nest pas « un long fleuve
tranquille ».
Serge Fitz
(04-10-2005)
*Serge Fitz anime des sessions de
formation « Protections des
thérapeutes » dans le cadre de
lAssociation Terre et Ciel et des
formations à lécosanté, Ondes de
lumière /ondes de transformation. **Serge Fitz
est lauteur du livre "Soigner ou
guérir" aux éditions Vivez Soleil.
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